Article de l'Express le 03 janvier 2006 "HD DVD contre BD"

Publié le par HD Master

Article de l'express du 03 janvier 2006

Sony joue gros dans la guerre des DVD haute définition. Son Blu-ray est en effet au coeur de toute sa stratégie. Or la parole est désormais aux consommateurs. Prix, qualité, qui aura la meilleure offre ?
Sony a-t-il tiré les leçons de l'échec de son Betamax face au VHS il y a 30 ans ?

Harry Potter, Million Dollar Baby, Matrix, Le Cinquième Elément, Robocop, Terminator…

Dans les semaines à venir, tous ces films vont être réédités aux Etats-Unis sur des supports « haute définition », pour offrir une qualité d'image cinq fois supérieure à la télé traditionnelle. Le consommateur sera cependant face à un choix cornélien : certains titres paraîtront au format HD-DVD et les autres au format Blu-Ray, deux technologies totalement incompatibles…
 

Le premier format, défendu par Toshiba, est une version améliorée du DVD, vendu à 10 milliards d'exemplaires dans le monde depuis son lancement en 1997.

Ce nouveau support offre une capacité de stockage trois fois supérieure, soit 30 gigas pour un disque monoface double couche (deux couches sur la même face). Il fera ses débuts dans le courant du mois. Face à lui, le Blu-Ray, développé par Sony, est un format radicalement différent et beaucoup plus performant. Le même disque (monoface double couche) aura cette fois une capacité de 50 gigas.
Et les prochaines générations iront jusqu'à 100 gigas, voire au-delà. Date de lancement prévue aux Etats-Unis: le 23 mai.


Sony mise très gros sur cette technologie qui concerne toutes les branches d'activités du groupe : l'électronique grand public, l'informatique, la production (Sony Pictures et Sony Music) et le jeu vidéo (la PlayStation 3 sera équipée d'un lecteur Blu-Ray).
Mais faute d'avoir trouvé un accord son concurrent, le groupe nippon dirigé par l'américain Howard Stringer s'expose au risque de tout perdre.
D'où la terrible lutte d'influence engagée pour attirer le maximun d'industriels et d'éditeurs dans son camp. Mais celle-ci ne lui a pour l'instant pas permis d'acquérir un avantage décisif, car Toshiba s'est lui-même assuré de puissants alliés. In fine, c'est donc le consommateur qui est appelé à jouer les arbitres. Et il y a fort à parier qu'il se déterminera selon deux critères : la qualité et le prix. Or, là encore, la supériorité de Sony reste à démontrer.

Sur le premier point, en effet, il n'y aura aucune différence perceptible au niveau de l'image, puisque les deux supports utiliseront les mêmes technologies de compression.

Un disque de 30 gigas suffit à contenir trois heures de vidéo haute définition, et jusqu'à huit avec des technologies de compression plus performantes (Mpeg4).

L'avantage technologique du Blu-Ray pourra uniquement être exploité pour délivrer des bonus. Problème, son concurrent dispose en revanche d'un net avantage sur le prix. La production des disques HD-DVD se fait en effet sur les mêmes chaînes de production que celle des DVD, alors que celle des disques Blu-Ray nécessite des équipements complètement différents.
Pour imposer son format, Sony a dû construire trois usines (Japon, Autriche, Etats-Unis), qui seront inaugurées cette année, et dont la capacité de production cumulée atteindra 10 millions de galettes par mois. Il lui faudra pourtant aligner ses prix de vente sur ceux de son concurrent, qui devraient se situer entre 30 et 40 dollars.

D'autant que les lecteurs HD-DVD seront également meilleur marché. Toshiba lancera à la fin du mois de mars, aux Etats-Unis, deux modèles coûtant 500 et 800 dollars.
Les seuls lecteurs Blu-Ray dont le lancement est programmé, ceux de Samsung et Pioneer, sont attendu en mai aux prix 1.000 et 1.800 dollars. Sony est-il sur le point de revivre la débâcle du Betamax ?
Dans les années soixante-dix, le groupe japonais avait échoué à imposer son format de cassette vidéo face au VHS de JVC, dont la qualité était pourtant inférieure. L'entreprise, qui s'est laissée surprendre par Sharp sur les téléviseurs LCD, par Apple sur les baladeurs numériques, et subit comme ses concurrents le ralentissement du marché du disque, peut difficilement se le permettre. Il lui reste heureusement une botte secrète : la PlayStation 3

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Publié dans Divers

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